Contrairement à l'achat de certains biens immobiliers, l'achat en copropriété comporte des spécificités. En effet, l'acheteur est devenu propriétaire d'un lot d'un immeuble en copropriété seulement après la réalisation d'un certain nombre de formalités. Celui-ci accède ensuite à la copropriété des parties communes de l'immeuble et devient membre d'office du syndicat des copropriétaires. Cependant, beaucoup d'idées reçues entourent l'accession à la copropriété et celles-ci méritent d'être décryptées afin d'éviter les écueils liés à l'achat en copropriété.

En principe, dès la conclusion des formalités de mutation entre le vendeur et l'acheteur d'un lot de copropriétés, les devoirs et obligations du vendeur sont transmis à l'acheteur. Une idée toute reçue insinue que l'acheteur doit supporter toutes les charges liées à la copropriété laissées par le vendeur. C'est en partie vrai, mais certaines charges ne sont pas imputables à l'acquéreur d'un lot en copropriété. Il est donc important de se référer aux dispositions du décret du 17 mars 1967 et de la loi du 10 juillet 1965 afin de ne pas s'exposer aux charges que le vendeur aurait dû régler avant la finalisation de l'acte de vente.

Dans l'achat en copropriété, il faut écarter l'idée reçue selon laquelle, l'acheteur doit participer aux charges de travaux de la copropriété dès l'aboutissement juridique du contrat de vente d'une copropriété. L'acheteur d'un lot n'est pas propriétaire tant que le transfert de la copropriété n'est pas réalisé. Ainsi, durant la phase de l'avant-contrat, le vendeur reste le seul responsable des travaux votés par le syndicat de copropriétaires. Toutefois, les deux parties peuvent consigner dans un acte notarial leurs attentes sur tels ou tels travaux que chacune des parties doivent supporter après la mutation de la copropriété.

Il se peut que le vendeur inclue dans le prix de vente d'une copropriété les charges qu'il doit au syndicat de copropriétaires. Le vendeur pourrait ainsi choisir un courtier immobilier qui va négocier toutes les charges avec l'acheteur. Contrairement à une idée reçue, le syndicat des copropriétaires ne peut pas porter des objections sur cet accord. Ainsi, si le vendeur n'a pas encore payé ses charges liées au chauffage de la copropriété, par exemple, celui-ci peut négocier le paiement de ces charges avec le nouvel acquéreur.

Lors d'un achat en copropriété, l'acquéreur d'un lot adhère de facto au règlement de la copropriété que le vendeur a signé. Ainsi, contrairement à certaines idées reçues, l'acheteur ne peut pas apporter des modifications au règlement. Ce dernier s'applique sur les parties privatives d'un lot acheté comme sur les parties communes de l'ensemble de la copropriété. Quelque soit la succession de copropriétaires sur un lot de copropriété, le règlement reste immuable. D'ailleurs, la modification de celui-ci ne peut se faire qu'en assemblée générale des copropriétaires.